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samedi 14 mars 2009

Série TV: Breaking Bad - saison 1, de Vince Gilligan


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Breaking Bad représente au premier abord une certaine Amérique des délaissés. Ici, nous ne sommes pas à New York ou à Los Angeles mais à Albuquerque (Nouveau-Mexique), où le prof de science-physique doit cumuler deux jobs pour pouvoir faire vivre sa famille. Bryan Cranston, plus connu pour avoir incarné le père de Malcolm dans la série éponyme, joue Walter White, père de famille au morne quotidien qui va bientôt avoir la révélation de sa vie : Apprenant qu'il est atteint d'un cancer au stade avancé, il va se résoudre à "cuisiner" du crystal (meth) pour assurer à sa femme et son fils handicapé un avenir "meilleur"... quand il sera parti.

Au départ, difficile de ne pas faire le parallèle avec l'une des séries de Showtime, Weeds, autre show TV conjuguant production et vente de drogue sous un jour plus sexy. Les deux séries s'attachent à retranscrire le quotidien de citoyens lambdas poussés à cet extrême pour prendre soin de leurs familles respectives. Mais s'il a le savoir-faire pour produire une drogue de qualité, le Walt de Breaking Bad n'a pas le réseau nécessaire : la série joue continuellement sur le fait qu'il doit s'en remettre à Jesse, l'un de ses anciens élèves devenu dealer, pour faire passer sa marchandise. Et les deux, de devoir collaborer pour s'enrichir mutuellement autant que possible alors que le caractère irresponsable de Jesse va plus d'une fois leur attirer des ennuis.
Car si Nancy Botwin s'en sort la plupart du temps par des poses subjectives et un peu d'humour en vendant sa "MILF weed", les deux pieds nickelés de Breaking Bad n'ont jamais l'occasion de rigoler. Au final aussi instables l'un que l'autre -- même si Jesse est un chien fou dealer de drogue, les deux compères tombent sur les dégénérés les plus dangeureux, font face aux situations les plus extravagantes (le 2ème épisode est un summum de situation du pire), manquant de les faire tuer à chaque fois. Le plus fantastique est la métamorphose de Bryan Cranston, de victime de la vie au père de famille jusqu'au boutiste prenant ses responsabilités, fonçant dans le tas tout en se demandant ce qu'il fait. La réalisation est subtile, posée, prenant le temps d'observer la transformation du personnage.

Sur les 9 épisodes initialement prévus pour la saison 1, 7 seulement auront pu être produits par le canal AMC avant que la grève des scénaristes ayant bloqué Hollywood en 2007 n'oblige Vince Gilligan, (producteur et créateur du show) à revoir ses ambitions à la baisse, terminant sa première saison sur un cliffhanger léger ne demandant qu'à être abouti par la suite.
Ce 8 mars 2009, la saison 2 a commencé avec l'assurance d'un public présent puisque depuis sa diffusion, la série a beaucoup fait parler d'elle pour l'originalité de son traitement, éloigné des clichés bourgeois habituels en vigueur dans la série TV, son style quasi documentaire et pour la performance de Bryan Cranston, ayant remporté un Emmy Award grâce à son rôle.

Breaking Bad est une série différente, réjouissante, souvent grave et pas si drôle que ça, même si l'humour noir ne manque pas. A essayer d'urgence, pour tout savoir des composés chimiques nécessaires, à la manière de cuisiner le tout tranquillement (au milieu du désert en général).
Et si vous voulez savoir comment faire fondre des gens, c'est aussi ici.  

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