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dimanche 14 juin 2015

Sortie ciné : Mad Max - Fury Road, de George Miller


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Traverser l'adolescence avec le fantôme de Mad Max impose des idées, des priorités, des rêves de longitude. Plus de 30 ans après l'ultime Mad Max 2, George Miller a pleinement compris la mythologie qu'il a lui-même créée et n'offre rien de moins que le film terminal en la matière, une fuite éperdue dans le désert, à la poursuite du grand néant, de la fuite salvatrice : du mouvement en lui-même.

Après des années bloqué en development hell et sur la seule base d'un storyboard hyper détaillé, Miller ne se soucie pas vraiment de la chronologie de son univers et nous envoie de plein fouet dans son nouveau Far West : Max conduit un V8 Interceptor dans le générique du film, pourtant détruite dans Mad Max 2, et comme ce fut souvent le cas dans la mythologie de la saga, peu importe à quel moment on retrouve notre drifter solitaire. Mel Gibson a passé le relai à Tom Hardy, et on remercie Miller d'avoir engagé un vrai badass pour succéder à Mad Mel. Conscient du poids de l'héritage qu'il reprend après un troisième épisode pas forcément pérenne, Miller s'emploie à retrouver les racines de ce qu'il a créé par le passé : un héros mutique et dépossédé de son humanité, qui cherche seulement à survivre dans un monde rendu fou. Si Mad Max 3 se déroulait après la Troisième Guerre Mondiale (suggérée, puis confirmée par Miller à l'époque), Fury Road n'a plus d'existence historique et se plonge dans l'anticipation la plus totale. Perdue dans le désert, une nouvelle civilisation émerge, sauvage et hors de contrôle. De cette cohue émerge un nouveau personnage, féminin, balaise et déterminée, Imperator Furiosa, qui va laisser quelques marques sur la pellicule.

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Première rencontre entre Furiosa et Max

Très rapidement, le film n'est que mouvement, et on découvre au fur et à mesure des maigres répliques ce qui constitue l'histoire de chacun. Si on sait que nécessairement, Max reste un drifter survivant au jour le jour, l'alliance qu'il forme avec la nouvelle arrivante, Furiosa, ainsi qu'avec le reste des filles, est inattendue et forme le cœur du récit : Fury Road est avant tout l'histoire d'une femme qui en délivre d'autre d'un asservissement sexuel effroyable. Dépossédé de sa liberté dès les premiers instants du film, Max n'a aucune chance de réchapper vivant de sa situation de départ sans Furiosa. Et ce lone wolf n'y arrivera qu'en choisissant de faire confiance à un autre outsider. Même les jeunes femmes échappées de leur triste sort auront leur mot à dire à un moment ou à un autre, même si il faut admettre que la narration effrénée de Miller ne leur en laisse le temps qu'à travers certains cadres, expressions muettes et gestes symboliques. Avec Fury Road, George Miller réalise un blockbuster à tendance féministe, et rend en tous cas caduque Joss Whedon et ses Avengers de pacotille (cf. tous les articles sur Black Widow/Scarlett Johansson, écartée du marketing du film et moquée par ses collègues acteurs), et renvoie au vestiaire l'humour beauf bon enfant des Fast & Furious.

lundi 18 mai 2015

L'instant cuculte : Mad Max 3 - Au-delà du Dôme du Tonnerre, de George Miller et George Ogilvie (1985)


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4 ans après The Road Warrior, Mad Max se voit offrir une nouvelle vie. Des 2 millions de dollars de budget pour Mad Max 2, ce troisième volet (une pure commande de studios), passe à 12 millions et se retrouve sous l'égide de Warner Bros qui entreprend de commercialiser le film en le rendant plus approprié aux spectateurs : le film se concentre davantage sur un groupe d'enfants survivants et écope naturellement d'un classement PG-13; Tina Turner tient l'un des rôles principaux et chante sur la bande originale du film (les saxophones 80's sont partout). Ceci dit, fidèle aux thématiques de son univers, Miller voyait en Tina Turner une survivante, laquelle avait vécu l'enfer d'un mariage violent et avait ensuite disparue dans la nature, se produisant dans des hôtels ou des cafés. Le rôle qu'elle tient dans Mad Max 3 est totalement à l'unisson avec son histoire personnelle, qu'on l'apprécie ou non.

dimanche 17 mai 2015

L'instant culte : Mad Max 2, le défi (The Road Warrior), de George Miller (1981)

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Reprenant sur la lancée pessimiste du premier film, George Miller réalise Mad Max 2 dans un climat d'urgence. Mad Max premier du nom a été un succès colossal et s'est fait remarquer bien au-delà des frontières de l'Australie. Nanti d'un budget de 2 millions de dollars, Miller va maintenant pouvoir pousser ses fantasmes encore plus loin : bien que déjà largement suggéré auparavant, l'écroulement de la civilisation a bien eu lieu et le réalisateur use d'extraits et de la voix-off d'un mystérieux narrateur pour replacer Max dans le contexte de ce nouveau monde. Mad Max n'ayant bénéficié que d'une sortie limitée aux États-Unis à l'époque, il s'agit aussi d'un artifice pour mieux situer le personnage pour le public américain. Le film y est d'ailleurs baptisé The Road Warrior alors que partout ailleurs, on parle bien de Mad Max 2 (stupidement sous-titré en France "Le défi", comme ce fut le cas pour Batman Returns 10 ans après); mais la réalité est qu'on n'a pas vraiment besoin d'avoir vu le premier film pour en comprendre les enjeux du second : Max n'est défini que par ses actions.

jeudi 30 avril 2015

Fast & Furious 7, de James Wan : Vers l'infini et l'au-delà



C'est qu'on aime ça, dis donc.

  Après s'être débarrassé (il n'y a guère d'autres mots !) de certains de ses personnages dans le film précédent, Fast & Furious 7 fait face à un problème majeur lors de sa production : le décès accidentel de l'un des acteurs principaux, Paul Walker. Comment s'en sort le film, à l'aune de cette perte spectaculaire ? Et surtout, Fast & Furious 7 (sept !) a-t-il quelque chose à prouver à son public ?

lundi 27 avril 2015

Sortie ciné : It Follows, de David Robert Mitchell


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It Follows commence comme un conte américain, un conte entre ados oubliés, délaissés par leurs parents, qui essaient de vivre malgré le fardeau de leur propre existence. Jay rêve d'avoir un petit ami et son souhait est exaucé lorsqu'elle rencontre Hugh. Mais après leur première relation consentie, Hugh révèle à Jay qu'il lui a transmis une malédiction, se manifestant sous la forme d'une présence suivant et traquant méthodiquement sa victime.

Avec son casting de jeunes ados, ses rues de banlieues résidentielles en prises avec l'automne et son synthé incessant, It Follows rappelle en premier lieu les inquiétantes incursions de John Carpenter (Halloween) et Wes Craven (Les Griffes de la nuit) dans l'horreur. Mais sous ses airs de slasher, It Follows est davantage une expérience sensorielle qui provoque une terreur diffuse, notamment parce que le réalisateur a choisi d'opter pour une réalisation calculée et très posée. Les plans larges et l'attente qui en résulte sont de très efficaces facteurs de suspense et forcent le spectateur à épier en permanence l'écran, aux aguets. Très simplement, le film en appelle à une terreur qui n'a plus besoin de faire peur dans le noir mais le fait n'importe où, dans le cadre de la vie ordinaire de ces adolescents de banlieues.

mercredi 11 mars 2015

Sortie ciné : Projet Almanac, de Dean Israelite

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Dans la mode des films en found footage, on pensait avoir tout vu et surtout, que Chronicle en 2012 avait posé un point final à la progression inquiétante de cette mode (plus une mode qu'un crédo artistique, il faut l'avouer). D'ailleurs, la majorité des films de genres et plus particulièrement ceux d'horreurs, sont pour a plupart depuis finalement retournés à une mise en scène plus conventionnelle pour tâcher de raconter de vraies histoires (enfin, pas tous). Et puis débarquent Michael Bay et sa boîte de production Platinum Dunes qui décident de réaliser un film de genre aux croisements bien spécifiques : une histoire de voyage dans le temps sponsorisée par MTV Films, lorgnant plus vers la débauche gratuite de Projet X que de la noirceur singulière de Chronicle, le tout, sous l'apparat du found footage. On s'inquiète.