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mardi 17 février 2015

Sortie ciné : "Kingsman : Services secrets",
de Matthew Vaughn


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De l'usine à rêves de Mark Millar nous parvient Kingsman : Services Secrets, ou l'histoire d'un garçon qui devient agent secret. Du même Millar, on se souvient de Kick-Ass dans lequel un gamin rêveur se réinventait en super-héros. Dans les deux cas, le scénariste écossais sait très exactement de quoi il parle quand il en vient à imaginer les fantasmes tonitruants d'adolescents rêvant d'une alternative à la normalité, comme en témoigne ses scénarios souvent frondeurs et pas toujours très subtils.

On en parlait déjà dans la chronique dédiée au comic-book dont s'inspire le film, Kingsman : Services Secrets part d'un postulat de base connu : celui de réunir deux générations et deux classes sociales diamétralement opposées, l'un des personnages servant de mentor à sa nouvelle recrue. Ici, l'agent secret et gentleman Harry Hart (Colin Firth) prend sous tutelle un jeune délinquant de banlieue, servant ainsi de guide à l'apprenti espion.

Mark Millar, scénariste de la série (et de dizaines d'autres titres), très conscient que développer des concepts simples mais forts est une garantie de succès, refile les rênes de l'adaptation à son collègue Matthew Vaughn, qui a prouvé avec Kick-Ass qu'il savait de quoi il était capable. Et la preuve que le travail d'adaptation peut être bénéfique, c'est qu'alors que le comics filait droit au but et pondait ses concepts et leur exécution en un minimum de pages, le film se permet quelques circonvolutions et une réelle réadaptation de la part du réalisateur pour offrir un résultat en tous points complet et satisfaisant - même si le fil rouge qui guide tout le film est assez évident pour ne pas dire classique...

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Il est d'ailleurs amusant de noter qu'en 2010, alors en pleine promotion de Kick-Ass dont il venait de signer l'adaptation ciné, Matthew Vaughn annonçait avec grandiloquence que le film de super-héros était mort. Et pourtant, en transposant aujourd'hui Kingsman, le comics de Mark Millar et Dave Gibbons sur grand écran, le réalisateur se paye le luxe de créer le plus comic-book des films qui soit, dans ses excès les plus grotesques et fendards, et s'en sort avec les honneurs.

mercredi 14 janvier 2015

[L'instant comics] The Secret Service vol. 1 : Kingsman, de Mark Millar, Dave Gibbons et Matthew Vaughn

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Couverture du TPB américain

À tous les curieux qui sont tombés par hasard sur le trailer de Kingsman - The Secret Service avec le fringant Colin Firth en mode Tom Ford, l'origine du projet est un comic-book créé par Mark Millar. Il y a quelques chose de fascinant chez le scénariste écossais, véritable usine à concepts, qui après avoir fait les beaux jours de Marvel, n'a de cesse de produire de nouveaux titres en indépendant (en vrac : Kick-Ass, Nemesis, Super Crooks, Jupiter's Legacy, Superior, etc). Ses scénarios semblent toujours suivre une formule simple : un scénario tordu qui sera mis en scène par les meilleurs artistes du moment. En bon communiquant, Millar n'hésite pas à se servir d'internet pour nourrir son ego surdimensionné et s'entoure d'une équipe de familiers qui traversent les médias : dernièrement, c'était le réalisateur Matthew Vaughn qui se retrouvait directement impliqué sur The Secret Service (le comics) au poste de co-créateur, avant de s'en voir offrir la réalisation de l'adaptation ciné. Millar ne se cache pas de créer des histoires aux concepts délirants dans le but de les voir retranscris au cinéma (dernièrement, et sous des formes plus ou moins fidèles : Wanted, Kick-Ass 1 & 2).

mercredi 30 avril 2014

L'assassinat de Spider-Man par le lâche Marc Webb

Cette semaine, on parle évidemment de The Amazing Spider-Man 2.

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Et la nôtre, de bataille : survivre au film

C'est moins de deux ans après son 'premier' épisode que l'homme-araignée revient au cinéma, dans une optique de capitaliser bien évidemment sur la vague de super-héros qui continue de déferler sur les écrans. Cependant, la Columbia n'a guère que la marque Spider-Man pour profiter de cette manne, et c'est après un accueil timoré réservé au reboot de l'Araignée que tout le monde s'est remis au travail, espérant trouver une légitimité dans l'exploitation éhontée du patrimoine développé par Sam Raimi il y a pourtant si peu de temps.

Si, dans une magnanimité toute geek (et peut-être je l'admets, un fourvoiement personnel), on trouvait quelques points positifs au film de Marc Webb malgré son statut bâtard de reboot (dont une chouette alchimie entre les acteurs et la possibilité de voir l'homme-araignée se balancer de nouveaux du bout d'une toile), difficile de retrouver ici les mêmes qualités dans le chaos pachydermique qui ébranle le film : vilains de carnaval (un énorme "bravo" à Paul Giamatti et Jamie Foxx pour leur jeu tout en finesse), réalisation toute entière tournée vers ses effets numériques, intrigue à tiroirs sans enjeux, absence de cohérence servile, et, c'est le plus grave quand on évoque Spider-Man, psychologie de pacotille pour tout le monde !

mercredi 23 avril 2014

Sortie ciné : Captain America 2 - The Winter Soldier, de Anthony et Joe Russo


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Sway those hips, girl

Relique de la Seconde Guerre Mondiale dont il manquait l'issue après un bain forcé dans des eaux gelés, Steve Rogers faisait ses premier pas dans un monde nouveau à l'issue du premier film lui étant consacré, avant de prendre sa place parmi les Avengers de Joss Whedon en 2012. Et c'est après avoir dit adieu à sa vie antérieure que Steve se retrouve malgré lui hanté par les fantômes (soviétiques) du passé, tout aussi anachroniques qu'il ne l'est lui-même.

À l'ouverture de ce second épisode, on retrouve notre héros toujours un peu déboussolé, forcé de cohabiter avec un nouvel environnement lui étant anachronique. La force de ce volet, c'est son cadre : un Washington D.C. administratif où se jouent des luttes de pouvoir entre personnalités hautes en couleurs. Après le chatoiement d'un New-York dévasté ad nauseam par les hordes de héros et vilains la peuplant, le blockbuster de super-héros se trouve ici une certaine humilité en jouant à hauteur d'homme pendant un moment. Et le film lui-même marche à tout rompre sur les traces de cette normalité que le personnage essaie d'atteindre. Cap vit dans un appartement loin des quartiers fastueux qu'il pourrait habiter et l'ouverture du film est plutôt réjouissante quand elle décrit l'infiltration d'un groupe de barbouzes chargé de libérer des otages, une tournée comme une autre pour les soldats du SHIELD. Steve Rogers essaie toujours de trouver sa place dans cet ordre nouveau, rencontre un ancien combattant cherchant une voie de rédemption comme lui et se fait même gentiment taquiner par Black Widow. Bref, pendant un temps, cette tentative d'en faire un peu moins et de développer ses personnages a un effet spectaculaire sur l'anciennement timoré Steve Rogers.

jeudi 14 novembre 2013

Sortie ciné : Thor 2 - Le monde des ténèbres (!), de Alan Taylor

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La malédiction des têtes qui flottent.

Quand a été annoncé le projet de développer Thor au cinéma dans le but de préparer Avengers quelques temps plus tard, on se demandait ce que pouvait apporter la personnalité d'un réalisateur comme Kenneth Branagh, grand amateur de Shakespeare devant l'éternel. Le pari de Marvel faisait sens mais le résultat, plus que décevant en tant que stand-alone, faillit provoquer un désintérêt poli pour la licence. Pourtant, on situe aisément le personnage de Thor dans le paysage ciné actuel, on en comprend les tenants et aboutissants et il fonctionne parfaitement dans Avengers ; comme une antiquité surpuissante et égarée, à la manière de Captain America. Pour Thor 2 - The Dark World, Marvel débauche Alan Taylor, réalisateur de séries TV omniprésent depuis le boom de la fin des années 90, avec une carrière embrassant Oz, Homicide, Les Sopranos et de plus récentes productions câblées parmi lesquelles Mad Men, Rubicon et la grosse série médiévale du moment, Game of Thrones. Bref, l'homme qu'il fallait pour remettre un dieu nordique en forme dans une aventure digne de ce nom ?

Dans l'ensemble, tout le monde a bien compris comment exploiter la juste mécanique de ces personnages, dont les plus importants ont été depuis développés dans Avengers : Thor est tiraillé entre son devoir et ses affaires de cœur, tout le monde attend de Loki qu'il vole la vedette à son frère et Anthony Hopkins joue le même rôle depuis 10 ans. Tout au plus peut-on se plaindre du manque de développement du possible triangle amoureux entre Thor, Jane et Dame Sif, figure de guerrière parfaitement mise en chair par Jamie Alexander, une des seules actrices à réussir à se distinguer du tout-venant de chez Marvel. Les regards qu'elle lance à la dérobée à Jane Foster en disent long mais ici, on n'est pas chez Joss Whedon donc on se contentera de non-dits, ce qui s'avère être tout aussi efficace.

Natalie Portman, indeed, se voit une fois de plus confier le rôle de demoiselle en détresse, mais vu qu'elle représente un idéal de petite copine depuis notre adolescence qui semble ici perdurer, on reste magnanime. Déjà présente dans le premier film (et irrésistiblement vulgaire dans la série 2 Broke Girls), Kat Dennings fonctionne très bien en ressort comique une fois qu'on accepte la gaudriole absolue dans laquelle se jette le film.

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Retrouvailles aux containers sur le parking

Car celui-ci n'hésite pas à se soulager d'effets comiques à un rythme entêtant, et plus particulièrement dans son final qui oscille entre vrais plans géniaux parmi différents environnements et humour de situation de plus en plus osé (dont un exemple, parfaitement débile, reposant sur l'exclamation des prénoms des personnages en pleine scène d'action !) ; c'est à se demander ce qu'il s'est passé pendant le tournage pour que personne ne réagisse devant cet étrange mélange qui malgré tout garde une vraie dynamique, une envie de divertir et d'offrir de belles séquences dans un univers assez étrange, peuplé de dieux et de monstres. Le ton plus sec et nerveux est bien là, mais reste singulièrement gentillet, à la manière d'un blockbuster tout lisse de chez Disney donc !

jeudi 24 octobre 2013

L'instant comics : Armageddon Expo - Melbourne, compte-rendu

Attention article orienté ! Aujourd'hui, on parle de comics et de convention - compte-rendu précédemment publié chez les gars de Comics Wire.

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Armageddon Expo 2013

De passage à Melbourne dans le cadre d’un voyage, je me suis dit que ce serait l’occasion de faire plaisir à mon pote Olivier en lui préparant un petit compte-rendu de la Armageddon Expo, la convention geek prenant place à Melbourne ce week-end dernier (19-20 octobre). Je précise tout de suite que je n’ai pas eu l’occasion de trop m’y attarder à cause d’un emploi du temps chargé, vous me pardonnerez le manque d’exhaustivité de l'exercice.

Pour commencer, la Armageddon Expo est une convention itinérante entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande créée en 1995, qui prend ses quartiers plusieurs fois par an dans différentes villes : Sydney, Melbourne et Adelaide pour l’Australie, Auckland, Wellington, Christchurch et Hamilton pour la Nouvelle-Zélande. Le programme est à chaque fois différent suivant le moment de l’année où elle ouvre ses portes, mais il consiste en majorité à ce qu’on est en droit d’attendre d’une convention dans un pays anglo-saxon : comics, produits dérivés, panels, cosplays, et rencontres en tous genres.

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Ouverture du grand bazar

samedi 31 août 2013

Sortie ciné : Kick-Ass 2, de Jeff Wadlow

ou "La réjouissance des inconscients"

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Le comic-book est un médium ingrat. Les auteurs attribués à une série ont la lourde responsabilité de produire un travail de qualité tout en obéissant à des règles éditoriales à prendre au pied de la lettre, décidées par des éditeurs à l'ambition purement mercantile, négligeant le patrimoine dont il sont responsables.
Kick-Ass est l'une de ses exceptions, précisément car ses responsables ont les mains libres : la "marque" n'appartient qu'à ses créateurs, le scénariste Mark Millar et le dessinateur John Romita Jr, qui produisent leur comics en indépendant et mènent leur barque comme ils l'entendent. Le coup de poker qu'a été la publication de la série depuis ses débuts en 2008 a permis d'éveiller les artistes maltraités par le système régi par les deux grands (Marvel et DC), d'où une certaine effervescence quand la première saison de Kick-Ass s'est achevée en 2010 en même temps que son adaptation sortait au cinéma. 3 ans plus tard, Mark Millar a achevé Kick-Ass volume 2 sur une ouverture béante pavant la voie à un volume 3 actuellement en cours de publication. Dans leur grande clémence, Hollywood et les multiplexes proposent aujourd'hui en parallèle Kick-Ass 2, le film.

Et malgré son statut de suite, Kick-Ass 2 semble apporter un peu de nouveauté au paysage dévasté par les projets très premier degré se succédant les uns après les autres, alors que les super-héros risquent de faire partie du paysage cinématographique pendant encore un moment : Ben Affleck vient de signer pour jouer Batman dans Man of Steel 2 (gnn), tandis que la Marvel a posé des dates de sorties jusqu'en 2020.


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Big Daddy veille du coin de l’œil sur le tandem

Quelques temps après les évènements du premier film, l'apparition de Kick-Ass a créée des émules et des citoyens masqués patrouillent désormais les rues. Dans l'ombre, Red Mist complote pour venger la mort de son père (incarné par Mark Strong dans le précédent film). Rayon originalité, le scénario est d'emblée vraiment faible et l'on peut légitimement s'interroger de ses retrouvailles, quand on sait que le comic-book précipite depuis maintenant presque 20 numéros ses personnages dans des abimes d'effusions rougeâtres : le comics est parfois très discutable dans son envie de provoquer en permanence par une surenchère de violence. Vendu comme un tabloïd à coups d'accroches racoleuses, Kick-Ass rend méfiant dès qu'on en tourne les pages et le film prend cette même orientation.

vendredi 28 juin 2013

Man of Steel, de Zack Snyder : Esseulé, contre tous.


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  Le deal avait été passé avant même la sortie de Sucker Punch en 2011 : Zack Snyder allait réaliser le reboot de Superman sous l'égide de Christopher Nolan, grand manitou d'Hollywood depuis sa reprise de Batman. Malgré les retours plus que nuancés sur son film au moment de sa sortie, le contrat a tenu bon et Zack Snyder émerge enfin avec ce que Nolan a décrit comme étant son projet-chéri, prêt à relancer une bonne fois pour toute Superman au cinéma. L'exercice de promotion étant ce qu'il est, on a longtemps dû se raccrocher uniquement aux différents trailers du film ; et force est de constater qu'on a peu vu récemment d'aussi jolies bandes-annonces pour un blockbuster.

La dernière fois qu'on avait vu le personnage au cinéma, c'était pour le charmant Superman Returns (2006) de Bryan Singer, qui pour l'exercice de reprise, prenait curieusement le parti d'en faire une suite à Superman 2 dont peu de gens se souviennent (en tous cas, pas le jeune public pour lequel le film était marketé). Avec le recul, Superman Returns est plutôt mignon, avec son esthétique rétro et son allure de comic-book désuet dominées par un Kevin Spacey qui en fait des tonnes. Le film est parfois touchant, souvent plan-plan. Singer ne peut se retenir de filmer avec beaucoup de naïveté son héros préféré (la première apparition de Superman est particulièrement émouvante), faisant parfois jouer avec efficacité la veine nostalgique qui caractérise tout le personnage depuis sa création en 1938.

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Le Superman nouvelle version : costume remixé, authentiques biscotos de bête de foire, regard lointain

lundi 17 juin 2013

L'instant comics : Première commission,
par Michael Dialynas


  Lecteur de comics depuis maintenant une dizaine d'années, j'ai assisté à l'apparition de quelques évènements en France qui ont permis au public français de pouvoir enfin approcher certains artistes (scénaristes ou dessinateurs), d'échanger, et de participer à des dédicaces. Je ne vous dis pas l'état de fébrilité atteint lorsque, assis en face d'un artiste, on le voit réaliser un sketch qu'il vous tend à la fin de la session. Un dessin original, le vôtre. Même si cela fait quelques années, je suis heureux d'être toujours aussi enthousiaste à ce sujet.

Lorsque j'ai appris via le site Super Punch, que Michael Dialynas, artiste grec, ouvrait de nouveau son planning de commissions à un tarif abordable (de 20 à 100€), j'ai sauté sur l'occasion, ayant déjà loupé un créneau précédemment. M. Dialynas a participé à l'anthologie Popgun, travaille actuellement avec Dark Horse sur Amala's Blade (son premier gig américain) et collabore fréquemment à des webcomics disponibles gratuitement. J'ai eu l'occasion de découvrir ses travaux assez récemment et j'ai profité qu'il soit de nouveau disponible pour commander ma toute première commission à un dessinateur, quel qu'il soit (je différencie ici des sketches qu'on peut se faire faire sur place en convention).

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La réussite comics du moment: SAGA.

Après avoir pris le temps d'y réfléchir, et alors que je me lançais dans la lecture du comics SAGA de Brian K. Vaughan et Fiona Staples, j'ai eu le coup de foudre pour deux personnages secondaires (déjà) emblématiques de la série : le chasseur de prime The Will et son partenaire Lying Cat, qui a la faculté de pouvoir détecter les mensonges, innocents ou non, lors d'une conversation. Ça paraît délirant, et ça l'est, tout comme le comics est passionnant grâce à ses étranges personnages évoluant dans un futur low-cost où règne une guerre entre deux mondes.

mardi 14 mai 2013

Sortie ciné : Iron Man 3, de Shane Black


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  Après un deuxième épisode particulièrement faible qualitativement, quelle ne fut pas la surprise d'apprendre que Shane Black, grand ponte du buddy-movie des années 80 allait officiellement s'atteler au troisième épisode (renvoyant enfin le réalisateur Jon Favreau à son second rôle de Happy Hogan, garde du corps de Tony Stark). Après le carton mondial de Avengers, qui a donné l'avantage au personnage d'être dans une position inédite, le leader naturel du groupe (devant Captain America) est au centre de toutes les attentions et cet Iron Man 3 porte le lourd fardeau d'être le premier film d'une nouvelle phase précipitant tout l'univers Marvel au cinéma (les seconds volets de Thor et Captain America en production, suivis des petits nouveaux Ant-Man et Guardians of the Galaxy, qui tambourinent déjà à la porte).

D'entrée, les circonstances font qu'on est en confiance, dans une machinerie certes bien rodée qui ne s'est jamais vraiment distingué de la masse, que ce soit par sa réalisation, ses choix d'intrigues ou son show crâneur permanent. Mais Iron Man 3 possède un chouette casting de belles gueules qui le distingue enfin de la masse : passés les habitués, ce sont Rebecca Hall, Guy Pearce, Ben Kingsley  et James Badge Dale (de Rubicon, ici méconnaissable) qui prennent en charge le destin immédiat de tête de fer. Soit un vivier de talent qui n'aura l'occasion d'exister que si le scénario leur en donne l'opportunité - mais qui est encore une fois régulièrement castré dans les grandes largeurs par le système Marvel, très adepte du minimum syndical (d'autant plus quand on sait la place que prennent le finalement détestable Tony Stark et son ego). Et on sent que Shane Black en fait les frais, malgré la patte très définissable qui essaie de s'inscrire en filigrane. Avec cet épisode, Iron Man 3 n'est que le second film du réalisateur (Kiss Kiss Bang Bang remonte à 2005) et on sent comme la lourde machinerie de blockbuster peut peser sur un homme. Le réalisateur n'a pas vraiment l'expérience de filmer de grosses scènes d'actions et fait de son mieux pour réaliser des scènes, singulièrement violentes, noyées dans les effets spéciaux.

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La relation Tony/Pepper Potts prend enfin un tour sérieux malgré les quiproquos

  Inspiré en partie de comics écrits par le grand Warren Ellis (parmi lesquels Extremis et les premiers arcs de la série Invincible Iron Man), le film a de quoi faire et est même vraiment généreux quant aux thématiques qu'il aborde - et ce, même si la plupart sont traitées par dessus la jambe. En effet, peu de surprises dans cet épisode, dont le rythme saccadé fait du tort aux séquences de comédie comme d'action, où un singulier problème de découpage se fait vite sentir. Moins linéaire que Iron Man 2 (qui demandait franchement à se faire achever), ce troisième épisode part rapidement dans tous les sens quitte à laisser des trous béants dans sa narration. En résulte une intrigue fanfaronnante, clairement sacrifiée sur l'autel de la série B de luxe, dans laquelle on se permet beaucoup d'excès : soldats mutés, bombes humaines, scientifiques fous et une anomalie tirée du comic-book où Gwyneth Paltrow enfile les gants de l'armure. On finit par prendre le tout à la rigolade, surtout dans son final étourdissant et pas si honteux où un ballet de robots prend le pas sur une action en tous points irréaliste mais carrément réjouissante (avec en guise de climax, ce sublime plan de Robert Downey Jr. bondissant dans une armure en vol).

Iron Man 3 rejoint aussi une autre tradition, celle du film typiquement 'américain' de Noël, chère au réalisateur : l'intrigue générale se passe autour des fêtes et un jeune garçon se retrouve responsable du héros déchu, trouvant encore dans la compagnie de l'énergumène Tony Stark le merveilleux dont il a besoin. La magie au travers des yeux d'un enfant, rien que ça. Le film renvoie alors un moment à certaines productions d'antan, dont la référence la plus évidente serait Last Action Hero, sur lequel Shane Black avait d'ailleurs retravaillé le scénario : plus de doutes à avoir sur les intentions du réalisateur, quand on frôle ainsi du bout des doigts le buddy-movie, où deux personnalités opposés s'entraident le temps de quelques séquences.

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  Dans le souci qu'a eu Shane Black de vouloir revenir à des enjeux plus communs, dans une intrigue géopolitique plus crédible (à base de batailles d’égos), le film trouve un twist audacieux autour du Mandarin, dont la finalité semble être de ne pas vouloir en rajouter trop dans le folklore de comic-book. Comme si l'inclusion du Mandarin, némésis fondamentale de Iron Man, ne pouvait pas avoir sa place dans l'univers formaté du héros tel que pensé par Marvel (et maintenant Disney) au cinéma. Les lecteurs du comics vont lyncher Shane Black, les autres y verront une tentative irrévérencieuse de désamorcer le ton trop sérieux pris par les dernières productions du genre - ou au choix, la volonté de casser le stéréotype du méchant oriental tel que créée à l'époque. Un point cependant : cette valse permet de justifier le casting de Ben Kingsley dans le rôle, alors qu'à l'époque on s'indignait qu'un acteur britannique puisse jouer un rôle dévolu à un acteur asiatique.

L'évidente qualité de la trilogie est aussi ce qui la tire par le bas : Robert Downey Jr. vampirise tant le personnage qu'on ne voit rien d'autre autour ; le premier a en faire les frais est Don Cheadle en War Machine, dont on se contrefout toujours autant (l'écriture du personnage est particulièrement faiblarde). Le show permanent du personnage de Tony Stark, véritable Johnny Depp de blockbuster (période Pirates des Caraïbes et bientôt Lone Ranger), empêche toute possibilité d'empathie quant à ce qu'il traverse. C'est particulièrement vrai dans l'une des séquences "chocs" du final, où un bon mot abat bien vite les douleurs terrassantes de l'âme.
L'alcoolisme inhérent au personnage est une fois de plus passé sous silence au au profit de crises d'anxiété héritées des évènements de New-York dans Avengers. Un état de fait qu'on nous impose un peu vite, tant le film navigue entre grosse farce et sérieux imperturbable au cours de ses 2h10, malgré les évidents efforts d'humanisation du personnage (avec enfin un travail sur la relation qu'entretient Tony avec Pepper). Le traitement est malgré tout très schématique dès qu'on en vient aux sentiments, vite noyés sous un humour banal et passe-partout.

Shane Black, Iron Man 2, Iron Man 3, Robert Downey Jr., Kevin Feige, Stan Lee, Rebecca Hall, Guy Pearce, Ben Kingsley, Gwyneth Paltrow, Jon Favreay, James Badge Dale, Thor, Captain America, Ant-Man, Guardians of the Galaxy, Avengers, Don Cheadle,
Un volontaire pour enfiler la combinaison de super-héros ?

  Robert Downey Jr. a annoncé en avoir fini avec le personnage mais Kevin Feige, responsable de Marvel Studios, prend bien sûr déjà les devants en annonçant voir un destin à la James Bond concernant le personnage, quitte à en remplacer son interprète principal pour les volets suivants. À voir, tant Hollywood semble incapable de planifier à long terme, malgré les récents efforts de la Marvel pour unifier son univers sur grand écran. En attendant, Iron Man 3 est plutôt une bonne surprise, et sans doute le film le plus intéressant des trois, à défendre pour les qualités mises en avant par son réalisateur malgré la marge de manœuvre extrêmement étroite laissée par le studio.


Trailer :




mardi 9 avril 2013

L'œil rivé sur l'écran (8)


Cette semaine dans L'œil, encore un tour de la planète cinéma : Room 237, Kubrick, Veronica Mars, Drive, Mondo, Before Midnight, John Carpenter et Kurt Russel, Pacific Rim, Pain & Gain, Wes Anderson et Léa Seydoux, Carrie, et du comics.

On est toujours sans nouvelles du documentaire Room 237, consacré à Shining de Stanley Kubrick  et des différentes interprétations qu'on peut faire du film (motifs, thèmes, messages subliminaux, tout y passe). Présenté à Cannes en marge du festival en 2012, on croise les doigts pour que Room 237 trouve le chemin des salles, même si Leon Vitali, l'assistant personnel du réalisateur pendant le tournage, se moque bien de ce que peut raconter le film.



Pour insister sur le cas Shining, le script de l'épilogue modifié est disponible sur internet. Et comme l'indique le blog Forgotten Silver, vous pouvez aussi faire un tour du côté du site du Overlook Hotel, sorte d'archives consacrées au film, compilées par Lee Unrich, qui n'est autre que le réalisateur de Toy Story 3. Quand des fans "d'envergure" utilisent leur réseau et proposent leurs résultats au plus grand nombre, c'est quand même sympa.


Rob Thomas, Kristen Bell, Kickstarter, Veronica Mars, Joss Whedon, Warner

La jolie surprise du mois dernier, c'est le kickstarter lancé par Rob Thomas et Kristen Bell pour relancer Veronica Mars au cinéma, après que la série se soit vue annuler au terme de sa saison 3, et avec une majorité de ses intrigues non résolues. Rob Thomas a déclaré avoir l'aval de la Warner, qui s'occupera de la promotion et de la distribution du film s'il parvenait à réunir 2 millions de dollars en 30 jours. Pari réussi puisque la totalité de la somme a été réunie en moins de 12 heures !
En 5 jours, la campagne avait dépassé les 3 millions de dollars et Rob Thomas encourage les intéressés à continuer à "investir", puisque la somme amassée devra couvrir entièrement les frais de production du film. L'industrie vient d'assister à une petite révolution, qui pourrait en appeler d'autres. Joss Whedon, occupé chez Marvel, a annoncé qu'il n'en profiterait pas pour ressusciter Firefly, par contre, le sujet intéresse d'autres personnalités comme Bryan Fuller, débarqué de la série Pushing Daisies avant d'avoir pu y mettre un terme lui même.
Tous les détails de la campagne sur Kickstarter.


Tyler Stout, Drive, Mondo, Ryan Gosling, Carey Mulligan, Vynil, LP, 2, limited, pink, design

On en a probablement tous marre d'entendre parler de Drive (remettez-vous les gars !) mais Mondo vient d'éditer un double vinyle de la bande-originale du film, dont l'artwork a été réalisé par le designer Tyler Stout, grand habitué de la maison qui produit à une régularité alarmante des visuels de toute beauté. Selon la tradition Mondo, le vinyle a été produit en édition limité (il fallait surveiller Twitter pour la mise en vente) et coûtait 25$. Il faudra dorénavant se diriger vers eBay pour pouvoir se le procurer à 10 fois son prix (pour la variant en tous cas).
- Quelques photos sur le blog de Mondo.
De plus, le site proposera bientôt un poster de Robocop, commissionné par le Alamo Drafthouse Cinema dans le cadre d'une rétrospective, au design signé Jay Shaw.




Filmé dans le plus grand secret en Grèce l'année dernière, Before Midnight est le prochain film de Richard Linklater, qui retrouve Ethan Hawke et Julie Delpy dans les rôles de Jesse et Céline.
Les personnages ont évolué dans la continuité de Before Sunrise (1995) et Before Sunset (2004), et cette suite inattendue devrait se révéler être une jolie surprise. Quand on voit ce que peut faire Julie Delpy en solo, la voir canalisée dans ce rôle qui la suit depuis ses débuts éveille la curiosité.
Rendez-vous en mai aux États-Unis.

John Carpenter, Kurt Russel, Empire, Magazine, UK, Snake Plissken, Escape from New York, Escape from L.A.

Le prochain numéro de Empire, le magazine britannique de référence, a réuni John Carpenter et Kurt Russel au cours d'un entretien où ils évoquent leurs souvenirs de tournages et le projet qu'a Hollywood de rebooter le personnage de Snake Plissken... sans leur participation évidemment. Interrogés sur le sujet, Kurt Russel a son mot à dire, même s'il ne souhaite pas revenir au personnage. Pour lui, Snake est américain et c'est indiscutable (l'écossais Gerard Butler et l'anglais Tom Hardy étant tous deux attachés au projet de remake):
"When it comes to Snake, I can tell you one thing... he’s American. It’s really important that he’s American. There’s a reason why that great fight in the arena [in Escape From New York] is with a baseball bat. That’s American, OK? He knows what he’s doing with that bat in his hand!"
Roger that, Snake.


Coyote Tango, mécha, mecha, japonais, kaiju, Guillermo Del Toro, robot, japan, Pacific Rim, Idris Elba

Une image promo de Pacific Rim, pour se mettre l'eau à la bouche : introducing le Coyote Tango, mecha japonais (chaque pays actif dans cette course à la Goldorak a développé son propre type de robots). Le film de Guillermo Del Toro s'annonce comme un hommage de fanboy aux films de monstres et de robots (le mecha russe est délicieusement rétro), et les premiers retours de projos tests sont très positifs. Le film a le mérite d'offrir enfin un rôle de premier plan au cinéma pour Idris Elba, on n'en demandait pas tant.
+ Trailer.

Michael Bay, Mark Walhberg, Nicola Peltz, Transformers 4, photo, casting, Pain and gain, geek

Le joli minois du jour, c'est celui de Nicola Peltz, premier rôle féminin castée dans le prochain Transformers de Michael Bay. Mark Walhberg est aussi de la partie et on attend d'en savoir plus ; non, en fait, pas vraiment. Ceci était juste une excuse pour évoquer Pain & Gain, prochain film du réalisateur déjà dans les conduits et prévu pour cet été, dont un Red Band trailer de 3 minutes vient d'apparaître. Attention, ça pique vraiment les yeux.




Wes Anderson, Roman Coppola, Léa Seydoux, Prada, short, youtube, commercial, pub, image

Changement de registre : la marque Prada a commissionné Wes Anderson et Roman Coppola pour réaliser trois courts (vraiment courts) métrages, mettant en scène Léa Seydoux. C'est à la fois charmant, bourgeois et irritant. Mais c'est un plaisir de retrouver l'actrice, même aussi brièvement.
Les trois courts sont visibles sur Youtube.


Chloë Grace Moretz, Carrie, remake, De Palma, poster, affiche, YOU WILL KNOW HER NAME

Une dernière certitude : le remake de Carrie ne va pas être très agréable à regarder. Dans le même veine que le remake de Robocop, je ne vois aucun intérêt à l'exercice, le film de De Palma étant un classique instantané auquel on continue de faire référence. Chloë Moretz n'a en plus absolument pas besoin de ce genre de rôle : on sait déjà qu'elle est une grande actrice en devenir.

*Pour finir, bref coup d’œil sur le travail de Matteo Scalera, artiste italien qui produit des dessins de toute beauté (ci-dessous, Domino et Wolverine sur une blank cover de Wolverine and the X-Men #1)
Direction son deviantart pour voir le reste de son travail. À bientôt pour la suite !

Matteo Scalera, Domino, Wolverine, blank cover, Wolverine and the X-Men #1, Marvel, Sketch, commission

samedi 11 août 2012

Sortie ciné : The Dark Knight Rises,
de Christopher Nolan

"you're gonna wonder how you thought you could live so large and leave so little for the rest of us".
Batman, Dark Knight Rises, poster, Christian Bale

*Quelques spoilers au menu, vous êtes prévenus.

Retour au blockbuster pachydermique sous la houlette de Christopher Nolan, qui depuis son arrivée au chevet du héros masqué, n'a de cesse de repousser le niveau d'exigence du grand film estival. Et si on peut légitimement reprocher au monsieur d'en faire des tonnes et d'alourdir inutilement ces récits, le résultat est souvent intéressant et toujours propice au débat, qu'on adhère ou pas.
Ici moins tortueux que son prédécesseur (The Dark Knight), malgré son lourd cahier des charges s'étalant sur 2h44 de film, The Dark Knight Rises a fort à faire et s'élance lourdement dans ses points à contrôler, du costume de chauve-souris remisé au placard au statut de Wayne Entreprises, de l'arrivée du mercenaire Bane à la situation de la nouvelle Gotham, épurée de ses crimes. Un statu quo déjà ambitieux par sa redéfinition du mythe (sapé dans la conclusion de TDK), qui puise sa source dans The Dark Knight Returns de Frank Miller, pierre angulaire du comic-book aux côtés de Watchmen, à laquelle s'ajoute l'envie terminale d'en finir avec Bruce Wayne et ses démons, tout en ayant recours à certaines aventures papiers du héros (sans trop en dire, Knightfall et No Man's Land parce qu'il faut quand même les citer).

jeudi 26 juillet 2012

Ciné tardif : The Amazing Spider-Man, de Marc Webb



Amazing Spider-Man, Marc Webb, Andrew Garfield, Emma Stone

Tout commence par une histoire de gros sous qui impose à la Columbia de produire un nouveau film consacré à Spider-Man sous peine d'en perdre les droits, qui reviendraient alors à la maison-mère Marvel. D'autres héros sont d'ailleurs concernés par cette situation : les X-Men, dont le contrat a été renouvelé avec X-Men First Class en 2011, et les Quatre Fantastiques, aussi dans le collimateur, avec l'annonce dernièrement que Josh Trank (réalisateur de Chronicle), s'y attelait.
Considérant sans doute que le travail de Sam Raimi était trop identifiable pour être réutilisable dans la continuité, la Columbia a décidé de repartir à zéro, succombant à la mode du reboot en bonne et due forme pour relancer les affaires. Contrairement à certains vieux films dont on pille l'essence, les films de Sam Raimi restent terriblement actuels et sont sortis entre 2002 et 2007 : on croit rêver. Le procédé inquiète beaucoup sur la suite logique des affaires : tous ces héros possèdent un background impressionnant d'histoires à raconter, pourtant on ne saurait jamais réussir à les développer sur la durée ?

vendredi 6 juillet 2012

L'œil rivé sur l'écran (2)

On complète la semaine avec une seconde édition de L'œil rivé sur l'écran, la proximité du Comic-Con de San Diego (et celle se déroulant en ce moment même à Paris) faisant que les annonces se succèdent à un rythme soutenu. Pour terminer la semaine, place donc à Elysium, Item 47 de chez Marvel, Hunger Games, Prometheus, Jack Reacher et une exclu ÉNORME de chez Hasbro.

- Première photo de Matt Damon dans Elysium, le nouveau film de science-fiction de Neill Blomkamp. Le réalisateur retrouve Sharlto Copley, qu'il avait dirigé dans District 9, et s'entoure aussi de Jodie Foster et William Fichtner.

Matt Damon, Elysium, Neill Blomkamp

mardi 8 mai 2012

Sortic ciné : The Avengers, de Joss Whedon


En 2010, Matthew Vaughn (réalisateur de Stardust et Kick Ass) annonçait pompeusement la fin du film de super-héros alors qu'il s'apprêtait lui-même à sortir X-Men First Class, relecture du premier groupe de mutants. Deux ans après, les doutes sur le genre s'effacent, et c'est une forme d'accomplissement qui prend forme alors que la Marvel parvient à concrétiser sur grand écran le groupe terminal de super-héros originels, non sans énormément de travail en amont. 

Avengers, Mondo, Tyler Stout, Whedon, Buffy,

Quand Joss Whedon a accédé au poste de réalisateur sur The Avengers, nombreux ont été ceux à y voir la première bonne décision des studios Marvel, encaissés depuis des années dans la facilité d'une production passe-partout malgré les choix d'amener dans leurs girons des personnalités comme Kenneth Branagh (Thor) et Joe Johnston (Captain America, un héros terriblement difficile à marketer de nos jours). Avec ce choix, c'est 5 années de projets ciné pour Marvel qui trouve enfin un aboutissement : mettre en scène les Vengeurs, un groupe de héros hétéroclites évoluant dans les comics depuis des décennies. Et embaucher Joss Whedon sur un film de groupe, c'était l'assurance de s'adresser à la bonne personne : fan-boy absolu, tête de gondole geek et scénariste de comics à ses heures, il a supervisé la suite des aventures de Buffy en comics et s'est occupé des Astonishing X-Men, redonnant aux mutants leurs lettres de noblesse dans un medium qu'il comprend et respecte. 
Si ses incursions dans le cinéma ont été moins couronnées de succès que le cadre de la série télé qui l'a vu naître (et ce, malgré les annulations de Firefly et Dollhouse), les avertis savent que Joss Whedon est en général, l'homme de la situation, un gars plus auteur que artisan et qui sait fournir un travail propre, ambitieux et souvent follement inspiré.

vendredi 3 décembre 2010

Scott Pilgrim - La sortie ciné en France qui fait pitié

Alors que Scott Pilgrim continue son petit bonhomme de chemin en France avec la publication cette semaine du tome 4 (sur 6), l'adaption ciné du comics de Bryan Lee O'Malley daigne enfin pointer son nez dans les salles françaises... pour une sortie technique toute miteuse avec un record de 4 salles à Paris !
Là, on peut légitimement s'étonner du sort réservé au film, entre une sortie repoussée au moins deux fois par le distributeur, l'absence totale de promotion et le fait que le Blu-Ray/DVD US soit déjà dispo (et je ne parle pas de la copie qui circule sur internet)...

C'est Edgar Wright qui doit faire la gueule, non seulement le film pourtant sympa s'est ramassé cet été aux États-Unis (sorti en face de The Expendables de Stallone), mais en plus personne n'en parle et le film d'abord ciblé pour cet été sort en décembre face à Machete et le dernier Disney, Raiponce. Sortir Scott Pilgrim aussi tard aurait pu rétrospectivement convaincre les distributeurs de le marketer à destination d'un public type Kick Ass (qui a "cartonné" avec plus de 500 00 entrées), là non, on doit juste se consoler d'avoir évité le direct-to-DVD.
En tous cas, Scott Pilgrim Vs the World fait clairement partie des films qu'on retiendra cette année, du coup on dégaine la critique de l'époque, publiée sur Ecran Large (et je ne forcerais personne à le voir en VF, si vous me suivez...)




mardi 11 mai 2010

Sortie ciné : Kick-Ass, de Matthew Vaughn


Kick-Ass 2, Kick-Ass, Matthew Vaughn, Jeff Wadlow, Mark Millar, John Romita Jr, Aaron Taylor-Johnson, Dave Lizewski, Chloë Grace Moretz, Mindy Macready, Hit-Girl, Game on cocksuckers, Morris Chestnut, Donald Faison  Lyndsy Fonseca, Katie Deauxma, Christopher Mintz-Plasse, Chris D'Amico, Red Mist, The Motherfucker, Nicolas Cage, Big Daddy, How I met Your Mother, Marvel, DC,  Super, Anna Karenina, The Secret Service, Superior, Nemesis, Supercrooks, Nemesis, film, trailer, review, test, critique, geekmehard, comics
Kick-Ass, un cri du cœur qu'on hurle en sortant de la séance. Énième film de super-héros pour les uns, projet indé iconoclaste pour les autres, Kick-Ass a, dès le début de sa publication aux États-Unis, le vent en poupe.
Facile, quand à la base du projet on trouve Mark Millar et John Romita Jr, deux superstars incontournables du comics : Mark Millar vient de signer chez Marvel le crossover Civil War, projet alors le plus couillu de la maison d'édition à l'issue duquel Captain America se fait assassiner, laissant orpheline pendant longtemps la galerie de personnages Marvel. C'est aussi à lui qu'on doit Wanted chez Top Cow (depuis mal adapté en film, on en parle là) et la mini-série Old Man Logan dans lequel un Wolverine à la retraite se balade dans une Amérique post-apocalyptique. En termes de réputation, John Romita Jr n'a rien à lui envier de par son association pérenne avec Marvel, pour laquelle il a dessiné Spider-Man de façon continue pendant des années. L’artiste au trait caractéristique très carré, enchaîne les projets et n’est jamais avare en cadres tout simplement magnifiques, le rendant très populaire auprès des fans.

Annoncé à grand renfort de publicité, produit en indépendant avec les moyens qu'ils ont à leur disposition (Millar publie dans les pages du comics la liste des comic-shops les ayant soutenus), Kick-Ass #1 sort début 2008 et cartonne immédiatement. Il fait bon s'appeler Millar et Romita Jr à ce moment-là. Au moment de la sortie du deuxième numéro, tout s'emballe, on parle d'un film, les droits du comics s'apprêtent à être vendus, bref, c'est la folie et surtout un coup d'éclat magnifique à destination de tous les éventuels artistes se destinant à la réussite. Fort de ses nouveaux personnages et de son intrigue si simple qu'elle en devient parfaite (et si toi, dans ta crasse normalité, décidais de devenir un super-héros), Mark Millar laisse couler l’encre et compose avec les retards de son compère John Romita Jr, rappelé chez Marvel pour signer quelques arcs de Spider-Man qui sort alors (et toujours) au rythme effréné de trois numéros par mois (l'arc du retour s'appelle New Ways to Die dans Amazing Spider-Man #568, et depuis publié en France).

vendredi 19 mars 2010

Scott Pilgrim : Le tome 6 et le film arrivent à grands pas

Après la chronique toute entière consacrée à la création de Bryan Lee O'Malley, on pourrait en rester là et laisser travailler les mots, sauf que l'auteur de Scott Pilgrim a une année chargée.
Bryan Lee O'Malley a annoncé ce vendredi sur son blog (Radiomaru) les premiers détails et la couverture du 6ème et dernier tome de Scott Pilgrim ! Si l'attente fébrile a cela de triste qu'elle sera la dernière concernant les tomes du mec le plus cool du monde, on tâche de profiter de l'effervescence autour du personnage, BD et ciné compris, et l'on prend son mal en patience.
Le tome 6 s'appellera Scott Pilgrim's Finest Hour et sera libéré de ses entraves dès le 20 juillet prochain, avec encore plus de bonheur à portée de mains puisque le volume fera exceptionnellement 248 pages au prix cadeau de 12$.
La sortie arrive juste à temps, selon Oni Press, pour que O'Malley fasse le déplacement au Comic Con de San Diego (malheureusement déjà sold out) et participe à une série d'évènements pour promouvoir son bouquin à travers l'Amérique du Nord.

La news était précédée la veille par la première affiche teaser "révélant" Michael Cera dans le rôle de Pilgrim. La date de sortie du film approchant (13 août 2010, tout est calé chez les américains), on ne devrait plus trop tarder à voir un trailer arriver. Si on peut légitimement s'inquiéter du travail d'adaptation pourtant confié au brillant Edgar Wright (Shaun of the dead, Hot Fuzz), les premiers échos des projections tests sont élogieux...


Allez Scott, c'est ton année !
Je rappelle que le tome 1 est paru cette semaine en France à prix-mini, toute résistance est inutile !

- Press Release chez Oni Press

- La totale Scott Pilgrim, pour tout savoir


mercredi 17 mars 2010

Sortie comics indispensable: Scott Pilgrim, par Bryan Lee O'Malley

La très bonne surprise éditoriale côté comics de ce début d'année (avec la parution soutenue des essentiels Tank Girl de Alan Martin et Jamie Hewlett, co-créateur de Gorillaz), c'est la parution française de Scott Pilgrim, projet indé absolument charmant né à Toronto en 2004, sous la plume de Bryan Lee O'Malley !! Et j'insiste sur les points d'exclamation.

Scott Pilgrim est un petit gars de 23 ans vivant lui aussi à Toronto, le cul toujours entre deux jobs, membre d'un groupe de rock et pas vraiment concerné par ce qu'il se passe autour de lui. D'ailleurs, il squatte chez son meilleur pote, en attendant mieux. Un jour il rencontre Ramona Flowers, une américaine nouvellement arrivée en ville, dont il tombe amoureux. Difficile d'aller plus loin sans déjà prendre un grand plaisir à la lecture de cette tranche de vie réjouissante et pleine de rythme.
 Scott Pilgrim, Bryan Lee O'Malley, comics, Oni Press L'alternative aux comics ayant 40 ans de continuité existe, ce serait dommage de s'en priver : Avec son statut de saga produite en indépendant, crayonné dans un noir et blanc limpide et racontant tout simplement la vie d'un gars amoureux, Scott Pilgrim devient un passage obligé dans le comics de qualité. Avec cette réappropriation passionnée et savoureuse d'un postulat de départ déjà connu, Bryan Lee O'Malley démontre qu'on peut tout autant surprendre son lectorat dans un champ pourtant défini. L'originalité des cadres et des concepts surgissent ça et là redéfinissent le média dans lequel on abordait a priori l'aventure. Le format devient ludique et enserre merveilleusement bien la précieuse chronique qui dans son tome 1, trouve une justesse confondante dans un premier rencard sous la neige. Une plongée absolue qui rend romantique, fait ressortir les vinyles et te fait traîner dans les rues, l'air hagard.

jeudi 7 janvier 2010

Film du jour : Wanted, de Timur Bekmambetov (+ comparatif comics)



Wanted est encore un de ces produits allègrement balancé tous les étés par une Amérique avide de divertissements imbéciles. Pour autant, Wanted reste intéressant dans son traitement par-dessus la jambe et sa tentative d'instaurer une mythologie branlante, dont seul le pitch de base a été grossièrement gardé pour pouvoir ensuite adapter la sauce à l'infini (Wanted 2 est actuellement en production (Ndlr: abandonné depuis)).

A la base Wanted est un comic-book bien nerveux scénarisé par Mark Millar et dessiné par l'excellent J.G. Jones, une mini-série assez grotesque et délicieuse à lire pour qui digère bien les excès en tous genres. Teinté d'un zeste de pop culture et représentant un fantasme absolu de geek, Mark Millar nous présente, triomphant, la mort de tous les super-héros dont celle d'un ersatz de Superman. Sortis victorieux de ce combat, les super-vilains restants contrôlent toutes les arcanes du pouvoir et montent une société secrète de mercenaires chargés de servir leurs besoins. Capable de séduire n'importe quel fan-boy en manque de coups de cœur, Mark Millar emporte la timbale dans ce défouloir ambiant, comme il l'a encore récemment démontré avec la mini-série Old Man Logan, histoire alternative à l'univers Marvel projetant Wolverine dans un futur où il devra traverser les territoires réorganisés des États-Désunis.